Premier trimestre 2025 : l'immobilier marocain reprend son souffle
31 mars 2025
Après une année 2024 de net repli des transactions, le premier trimestre 2025 ressemble moins à une rechute qu’à une respiration. Les signaux se redressent doucement — et plusieurs leviers se mettent en place pour la suite.
Une fin de correction plutôt qu’une crise
2024 restera dans les mémoires comme l’année la plus difficile de la décennie pour l’immobilier marocain, avec une chute marquée des transactions, particulièrement dans le segment professionnel. Les décisions d’achat se sont allongées, parfois sur plus d’un an, et de nombreux projets ont été différés. Le début de 2025 ouvre une phase de transition : les prix se stabilisent globalement et la demande commence à se réveiller, sans euphorie mais avec une tendance plus saine.
Casablanca, Rabat et Marrakech ne réagissent pas au même rythme. Rabat se distingue par une stabilité quasi parfaite des prix, confirmant son statut de valeur refuge porté par une demande structurelle (fonctionnaires, cadres, institutions). Les villes touristiques comme Marrakech et Agadir restent soutenues par l’investissement locatif et les résidences secondaires.
Le crédit redevient un argument
Le 18 mars 2025, Bank Al-Maghrib a abaissé son taux directeur à 2,25 %, sa troisième baisse depuis juin 2024. Pour un acquéreur, le message est clair : le coût du crédit immobilier s’oriente à la baisse, même si la transmission aux taux bancaires reste progressive. Cette détente monétaire, combinée à une inflation revenue à des niveaux bas, redonne du pouvoir d’achat aux ménages et de la visibilité aux investisseurs.
Daam Sakane : un moteur de plus en plus visible
Le programme d’aide directe au logement Daam Sakane (jusqu’à 100 000 dirhams selon la valeur du bien) confirme sa montée en puissance et son rôle d’accélérateur d’accession à la propriété. Fait notable : les Marocains du monde s’en emparent fortement, signe d’un regain d’appétit de la diaspora pour l’investissement au pays. Pour un promoteur, c’est un levier de solvabilité concret à intégrer dans l’argumentaire commercial.
En toile de fond : 2030 se prépare déjà
Le 26 mars 2025, le Royaume a levé 2 milliards d’euros sur le marché obligataire international, une partie des fonds étant destinée aux chantiers de la Coupe du monde 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal. Au-delà du football, ce sont des infrastructures — transports, hôtellerie, requalification urbaine — qui redessinent la carte des opportunités immobilières pour les prochaines années.
Du côté du monde : la technologie entre dans le jeu
À l’international, le même mouvement de détente monétaire s’observe (la BCE et plusieurs grandes banques centrales ont baissé leurs taux). Mais la vraie nouveauté de ce début 2025 est ailleurs : la « proptech » et l’intelligence artificielle s’installent dans la chaîne immobilière. Visites virtuelles, valorisation automatisée des biens, jumeaux numériques pour anticiper les coûts d’un projet, outils de pilotage énergétique des bâtiments — autant de pratiques qui arrivent peu à peu sur les marchés émergents et que les acquéreurs commenceront bientôt à attendre par défaut.
Ce qu’il faut retenir du T1 2025
- Sortie progressive de la correction de 2024 : prix qui se stabilisent, demande qui frémit.
- Taux directeur abaissé à 2,25 % le 18 mars 2025 → crédit immobilier plus accessible.
- Daam Sakane en forte montée, avec un engouement marqué de la diaspora (MRE).
- Emprunt international de 2 Mds € (26 mars) en partie fléché vers les infrastructures du Mondial 2030.
- À l’international : proptech et IA entrent dans le parcours d’achat et la gestion des biens.
Sources : Bank Al-Maghrib & ANCFCC (IPAI T1 2025) ; Médias24, Attijari CIB (taux directeur, mars 2025) ; Bird & Bird, Atlas Capital (financement Mondial 2030) ; CDG / Al Omrane (Daam Sakane) ; Netguru, Qubit Capital (tendances proptech 2025).
Chiffres issus de sources publiques, exacts au moment de la rédaction ; certaines
statistiques sont révisées d'un trimestre à l'autre.